
"Pendant longtemps, je pensais que ma place était sur une scène."
Le théâtre est entré dans ma vie quand j'étais enfant. J'étais une petite fille très timide, alors jouer est devenu ma façon d'oser exister. Très vite, c'est devenu une passion. J'aimais raconter des histoires, écrire pour le théâtre et le cinéma, observer les êtres humains jusque dans leurs contradictions pour les incarner avec le plus de vérité possible.
J'adorais aussi accompagner mes partenaires avant leurs castings. Les aider à trouver la justesse, à croire davantage en eux.
Avec le recul, je réalise que ce besoin d'accompagner les autres était déjà là.
Pourtant, derrière cette passion, je portais quelque chose que peu de gens voyaient.
Je manquais profondément de confiance en moi.
Même les applaudissements, même la caméra, même les rôles ne réussissaient pas à combler cette sensation de ne jamais être assez.
Je vivais de mon métier tant bien que mal, portée par mes rêves de création, mais intérieurement il me manquait quelque chose d'essentiel : du sens.
J'avais besoin de sentir que ce que je faisais pouvait réellement contribuer à la vie des autres.
Puis la vie m'a arrêtée net.
Je suis devenue maman.
Quand j'ai pris ma fille dans mes bras pour la première fois, je lui ai fait une promesse silencieuse : je ferais tout pour qu'elle grandisse dans un monde où elle se sente en sécurité.
Six mois plus tard, cette promesse s'est fracassée contre la réalité.
Un de mes amis a été tué lors des attentats de Strasbourg, le 11 décembre 2018.
Un garçon profondément bon. Aimé de tous.
Sa disparition a ouvert en moi un vide immense.
Je ne comprenais plus rien.
Comment donner de l'espoir à ma fille quand moi-même j'avais perdu tout repère ?
Je me suis effondrée.
J'ai traversé plusieurs mois de dépression, de peur, de repli sur moi-même.
Je voyais le monde comme un endroit dangereux. Je ne trouvais plus de sens à rien.
Et ce qui m'a le plus bouleversée, c'est de voir que ma fille ne souriait plus comme avant.
Les enfants ressentent tout.
Même ce que l'on croit leur cacher.
C'est à ce moment-là que j'ai compris que je ne pourrais pas continuer seule.
J'ai demandé de l'aide.
J'ai rencontré un énergéticien.
Puis un hypnothérapeute.
Puis d'autres accompagnants.
J'ai pleuré.
Beaucoup.
J'ai découvert des blessures que je portais depuis longtemps sans même savoir qu'elles existaient.
Petit à petit, quelque chose s'est remis à respirer en moi.
Je suis redevenue présente.
Plus légère.
Plus vivante.
Et un jour, j'ai vu ma fille retrouver son sourire.
Ce sourire-là a changé ma vie.
Parce que j'ai compris une chose essentielle.
Je ne sauverai jamais le monde.
En revanche, je peux prendre soin de mon propre monde.
Et quand une femme retrouve son équilibre, c'est toute sa famille qui respire autrement.
Ses enfants, son couple, son travail, ses relations, son avenir.
C'est là que tout a pris sens.
Toutes ces années passées à observer l'humain.
Toutes ces émotions que je considérais autrefois comme un fardeau.
Toute cette hypersensibilité que j'essayais de faire taire.
En réalité, c'était devenu ma plus grande force.
Aujourd'hui, je mets cette sensibilité au service des femmes qui se sentent perdues, dépassées, épuisées ou bloquées.
Des femmes qui donnent beaucoup aux autres mais qui ne savent plus vraiment où elles en sont elles-mêmes.
Je ne leur apporte pas des réponses toutes faites.
Je les accompagne pour qu'elles retrouvent les leurs.
Parce que je crois profondément qu'il n'y a pas des personnes faibles et des personnes fortes.
Il y a surtout des personnes qui souffrent en silence.
Des femmes qui ont appris à tenir.
À faire bonne figure.
À continuer malgré tout.
Jusqu'au jour où leur corps, leurs émotions ou leur vie leur demandent enfin d'écouter ce qui attend depuis longtemps.
C'est ce chemin que j'accompagne aujourd'hui grâce à ma méthode intuitive THESYS.
Chaque femme qui ose venir me voir fait déjà preuve d'un immense courage.
Mon rôle n'est pas de la changer.
Mon rôle est de l'aider à se retrouver.
À remettre du sens là où il n'y en avait plus.
À transformer ce qui semblait être une faiblesse en véritable ressource.
Parce que je crois profondément en l'humain.
Je crois que lorsque chacune prend soin de son monde intérieur, le monde extérieur commence lui aussi à changer.
Et c'est pour cela que je me lève chaque matin.

L'Autre Pardon.
On passe parfois des années à essayer de pardonner.
Parce qu'on nous a appris que c'était la seule façon d'avancer.
Qu'il fallait tourner la page.
Laisser le passé derrière soi.
Arrêter de ressasser.
Alors on essaie.
On se dit que l'on a compris.
Que c'est terminé.
Que cela ne nous atteint plus.
Et pourtant...
Il suffit parfois d'une parole.
D'un regard.
D'une situation qui ressemble à celle d'autrefois.
Et quelque chose se réveille.
La blessure est encore là.
La colère revient.
La tristesse aussi.
Avec cette question qui traverse notre esprit :
"Pourquoi je n'arrive toujours pas à passer à autre chose ?"
Pendant longtemps, j'ai cru que pardonner voulait dire oublier.
Effacer ce qui avait été dit.
Ce qui avait été fait.
Faire comme si ce n'était pas si grave.
Mais certaines blessures ne disparaissent pas parce qu'on décide de ne plus y penser.
Elles restent là, silencieuses.
Elles attendent simplement qu'un événement, une rencontre ou une émotion vienne les réveiller.
Puis un jour, j'ai découvert une autre façon de regarder le pardon.
Une façon qui ne demandait ni d'oublier, ni d'excuser.
Elle proposait simplement de se poser une question :
"Combien cette blessure me coûte-t-elle encore aujourd'hui ?"
Parce qu'une blessure ne fait pas seulement mal au moment où elle arrive.
Parfois, elle continue de vivre longtemps après.
Dans nos pensées.
Dans nos réactions.
Dans nos relations.
Dans notre manière d'aimer.
Dans notre façon de nous protéger ou de nous juger.
Sans même nous en rendre compte, elle continue de prendre de notre énergie.
Et c'est peut-être cela le plus douloureux.
Un jour, j'ai réalisé que je portais encore certaines choses comme un sac rempli de pierres.
Des colères.
Des incompréhensions.
Des blessures.
Des "pourquoi ?"
Des histoires que je n'avais jamais vraiment déposées.
Et peut-être que toi aussi, tu connais ce sac.
Celui que l'on porte depuis si longtemps qu'on finit par croire qu'il fait partie de nous.
Alors qu'en réalité...
Il nous fatigue.
Il nous ralentit.
Il prend une place qui pourrait être offerte à autre chose.
À la joie.
À l'amour.
À la création.
À la vie.
C'est là que le pardon a pris un tout autre sens pour moi.
Ce n'était plus un cadeau fait à celui qui m'avait blessée.
C'était un cadeau que je choisissais de me faire.
Le choix de déposer ce sac.
Pas parce que ce qui s'était passé n'était pas important.
Pas parce que la blessure n'avait pas existé.
Mais parce que continuer à porter cette colère, ce ressentiment ou cette douleur était devenu trop coûteux pour moi.
Et je crois que nous sommes nombreux et nombreuses à vivre cela.
Nous avons tous nos sacs.
Certains sont remplis de blessures d'enfance.
D'autres de déceptions.
De trahisons.
De paroles qui ont marqué.
De choses que nous n'avons jamais osé exprimer.
Mais vient parfois un moment où une question apparaît :
"Est-ce que je veux continuer à consacrer mon énergie à ce qui m'a blessé... ou est-ce que je choisis de la rendre à ce qui me fait vivre ?"
Le pardon n'efface pas le passé.
Il ne change pas ce qui a été.
Mais il peut nous rendre ce que la blessure nous a pris.
De l'espace dans notre cœur.
Du souffle dans notre corps.
De l'énergie pour avancer.
Parce qu'au fond...
Le pardon n'est peut-être pas un cadeau que l'on fait à l'autre.
C'est le cadeau que l'on se fait à soi.
Celui de reprendre sa route plus léger.
Celui de choisir la vie.
